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Pour éveiller tout en douceur les petits mangeurs aux enjeux de la transition alimentaire

Parce que sensibiliser dès le plus jeune âge est fondamental, nous souhaitons développer plusieurs animations à destination des enfants pour éveiller aux enjeux d’une alimentation saine et durable. N’étant pas spécialiste de l’animation, mais ayant travaillé pour une association de médiation scientifique, j’ai eu l’occasion de participer à de nombreux ateliers de vulgarisation auprès de diverses cibles. Alors avant de partir sur les chapeaux de roues pour construire ces animations alliant originalité, ludisme, vulgarisation et pédagogie, je suis allée m’inspirer ailleurs et glaner, deçà delà, quelques bonnes idées. Voici, en quelques points, les exemples d’animations qui ont retenu mon attention.

Abeilles et biodiversité cultivée

Initier à l’alimentation durable sans parler du rôle fondamental des insectes pollinisateurs paraît impossible. Pour permettre aux enfants de comprendre l’importance du travail des abeilles pour la diversité de notre alimentation et leur rôle pour favoriser la biodiversité cultivée, Bee Happy est un jeu qui permet de s’emparer de tous ces enjeux. Une première étape du jeu consiste à découvrir les liens entre plusieurs objets et les abeilles. L’animateur explique les raisons de la présence des objets pour comprendre leurs liens avec les abeilles. Dans la seconde partie du jeu, les enfants seront amenés à déguster différentes variétés de miel de leur territoire pour observer les différentes subtilités. L’animation se termine par la construction d’un gîte à abeilles à installer dans l’enceinte de l’établissement.

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Petite histoire d’une graine

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Photo : Mathilde Bouterre

Découvrir la base de notre alimentation, vulgariser la biologie végétale par l’approche culinaire et comprendre la façon dont nous nous servons de ce patrimoine universel permet de retracer l’histoire de l’agriculture, de la façon dont nous nous servons de notre environnement pour nous nourrir.

L’animation « Petite Histoire d’une graine » commence par aborder la naissance de la planète Terre et l’évolution de sa population végétale ainsi que celle des vertébrés. Puis, elle évoque le fonctionnement biologique de la graine. Elle se termine par une mise en pratique avec un partie jardinage et une partie dégustation pour comprendre les gestes du jardinier, mais aussi le goût, l’aspect d’une graine cuite et d’une graine crue. Ainsi, les plus jeunes appréhendent le lien entre leur nourriture et la semence qui en constitue sa base.

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Source : Brussels environnement

La ronde des saisons

Il s’agit d’un petit jeu dédié aux enfants de 5 à 8 ans pour découvrir la saisonnalité. Au travers de cette animation ludique, ils découvrent les fruits et les légumes de saison,  s’interrogent sur la façon de produire les fruits et légumes et se questionnent sur les effets d’une consommation de fruits et de légumes hors saison, importés d’autres territoires. Dans un premier temps, les enfants sont invités à reconnaître les fruits et légumes qu’on leur propose.

Puis, à l’aide de feutres, ils doivent retrouver la saison normale de consommation de chaque fruit et légume, une couleur correspondant à une saison. De cette manière, on invite les enfants à se questionner sur la provenance des fruits et légumes, mais aussi sur les transports de marchandises, sur les modes de production qui peuvent avoir un impact très négatif si on fait pousser des bananes en France Métropolitaine par exemple. Ce jeu permet aussi d’aborder la dimension « santé » avec, notamment, les nutriments qu’apportent les fruits et légumes à notre organisme et de leurs bienfaits. Pour aller plus loin, on peut même imaginer créer une recette de saison pour concrétiser l’apprentissage en un moment de partage.

Ce jeu est disponible sur le site de Brussels environnement.

Visite d’une ferme

C’est simple, mais à la fois très efficace. Aller à la rencontre des métiers de l’agriculture dans leur univers de travail reste une façon très concrète de faire passer des messages.

Organiser une visite d’une ferme biologique de son territoire permet aux enfants de comprendre les principes de l’agriculture biologique, de découvrir les tâches quotidiennes nécessaire à la production. En présentant son exploitation, de son histoire à son fonctionnement,  en proposant une visite des différents espaces, l’agriculteur donner une vision concrète de son travail. Éventuellement, un quiz, une animation peuvent être organisés pour consolider les messages transmis durant la visite. Et puis, les enfants peuvent être impliqués à la tâche (nourrir les animaux, semer, arroser, etc.). La visite peut se terminer par la dégustation des produits de la ferme pour aborder l’approche culinaire. Attention, le choix de la ferme doit se faire en fonction de la proximité géographique, de la période de l’année (contraintes des saisons sur les activités de la ferme) et des attentes des participants. Mais dans l’idée, tout types d’exploitations peut convenir à ce genre de visite (maraîchage – arboriculture – élevage – production de lait et transformation fromagère – plantes aromatiques – production de céréales et fabrication du pain, etc.).

Le potager pédagogique

Il y a mille et une raisons de proposer cette animation en classe. Déjà, car un potager est, à lui seul, un fabuleux outil pédagogique pour assurer des tas d’animations tout au long de l’année. Il permet d’éduquer les enfants à l’environnement à travers une activité pratique et ludique : le jardinage. Il éveille les plus jeunes à la reconnaissance des espèces végétales, des légumes anciens, des goûts… Il incite et donne envie aux enfants de manger des légumes et des fruits. Il permet d’aborder le rôle et le cycle des céréales, leur place dans notre alimentation, mais aussi de faire prendre conscience du cycle de vie du monde végétal et du cycle des saisons. Il permet de sensibiliser à la saisonnalité des plantes, fruits et légumes, d’aborder la question de la gestion de l’eau, des économies d’eau, et explique l’origine de la matière organique à travers le compostage des déchets végétaux issus du jardin. Il permet surtout de comprendre l’importance de l’équilibre naturel et des liens entre cultures, auxiliaires, ravageurs, et maladies et finalement d’éduquer aux différents types d’agriculture : biologique, conventionnelle, intégrée et au rôle des engrais et des pesticides et de leurs risques. Et puis, mine de rien, si le projet est mené à bien, cela permettra d’apporter de la biodiversité dans l’école, dans le centre de loisirs ou dans le jardin, chose non négligeable. Pour commencer, il faudra définir un projet de potager avec la classe ou le groupe. Puis, viendra le temps de s’équiper, et de définir un calendrier d’entretien, ce qui permettra en plus de responsabiliser les enfants.

Vous trouverez une mine de ressources sur comment mettre en place un jardin pédagogique avec un groupe d’enfant sur ce site ainsi que sur celui-ci.

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Photo : Mathilde Bouterre
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Projet de composteur dans l’établissement

Encore une animation aux nombreux avantages. Mais avant d’installer un composteur dans l’établissement, il sera bienvenu de proposer une première approche pédagogique sur les déchets et leurs caractéristiques. En invitant les enfants à élaborer une classification entre leur nature, leur matière, leur forme, on pourra aborder la recyclabilité, la biodégradation, la fin de vie des déchets. Cela conduira également au tri des déchets : les différentes poubelles, le parcours des déchets, le cycle de matière, la course au tri, etc.

La thématique des biodéchets pourra s’éclaircir grâce à diverses ressources :

Les sciences pourront également être abordées via la décomposition des déchets organiques. Une étape nécessaire avant l’installation du composteur pour éviter certains écueils.

Du moment où le composteur est installé, les animations peuvent perdurer avec l’étude et l’observation de la faune et de la flore l’envahissant. Avec la classification des espèces aussi et l’équilibre que nécessite la biodiversité.

Le livre de recettes végétarien

Cet atelier se déconstruit sur plusieurs séances au travers de diverses thématiques à aborder. L’atelier commence par évoquer la saisonnalité, puis parle des différentes parties d’un repas. Par la suite, des visites dans des fermes maraîchères peuvent être organisées pour découvrir les produits qui se cultivent localement. Un chef cuisiner intervient également pour enseigner les mécanismes de l’élaboration d’une recette en introduisant les notions d’équilibres des saveurs, de texture et d’assaisonnement. Un point nutrition peut être également imaginé pour aborder les notions d’équilibre alimentaire pour les régimes végétariens. Pour finir, la classe peut réaliser chacune des recettes dans la cuisine de l’établissement et terminer soit par une séance photo, soit par un atelier dessin pour illustrer le livre. Un beau souvenir que les plus jeunes garderont certainement en mémoire durant de nombreuses années.

Le challenge du menu de la semaine de la cantine

De manière collaborative, des élèves d’une même classe ou de classe différentes imaginent les recettes du menu de la semaine de la cantine. Un menu qui doit répondre à de nombreux critères imposés par des chefs cuisiniers qui pratiquent la cuisine durable (choix d’aliments, critère de localité, rapport protéines animales et végétales, prise en compte du gaspillage alimentaire, etc.). Les enfants travaillent ensemble à la création de ce menu, doivent s’informer sur les produits, les fournisseurs locaux, sur les ingrédients secondaires (condiments, assaisonnements, etc). Ils doivent également les goûter pour en apprécier la qualité et faire leur choix en fonction. Enfin, ils se doivent de convaincre le chef cuisiner de l’école de réaliser les recettes.

Le défi se termine par l’évaluation des chefs cuisiner et des autres élèves de l’école par la dégustation du menu confectionné par le cuisiner de l’école ou par les élèves eux-mêmes en fonction de la possibilité. Une bonne manière de responsabiliser les jeunes, de leur faire comprendre tout ce qui est à prendre en compte dans l’élaboration d’un menu et d’aborder la durabilité de l’alimentation.

À la recherche du gaspillage invisible…

Nous ne pouvons pas aborder les enjeux de l’alimentation durable sans éveiller aux questions de gaspillage alimentaire. « L’oignon fait la force » est un jeu collaboratif pour les enfants de 9 à 11 ans qui permet de découvrir les ressources invisibles gaspillées derrière un aliment.

Le but du jeu est simple : « réussir les différentes épreuves de manière collective pour réduire le gaspillage alimentaire dans le monde avant que les poubelles pleines d’aliments n’aient recouvert toute la planète, la partie est gagnée quand il reste moins de 5 poubelles qui débordent d’aliments sur la carte du monde. »

Représenter la définition du gaspillage alimentaire, identifier les différents canaux de gaspillage (production, transport, transformation, distribution, consommation), aborder les différentes solutions à trouver pour réduire le gaspillage, voici quelques-uns des défis proposés aux enfants.

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Photo : : Igorovsyannykov

Décryptage des emballages alimentaires

Pour éveiller les enfants aux sujets des messages publicitaires auxquels ils sont souvent exposés très jeunes, mais aussi pour parvenir à démêler le nombre d’informations relatives à la consommation alimentaire, cette animation permet aux enfants de faire leur choix alimentaire d’une manière plus consciente et donc, d’être moins influencés par les effets de la publicité. Les informations sur les étiquettes ne faisant que se multiplier entre les labels, les logos, les appellations, les informations nutritionnelles, etc. il est intéressant pour eux de comprendre les messages, et d’identifier ceux obligatoires de ceux qui ne visent qu’à influer leur décision d’achat. De nombreux pièges pourront donc être évités. Ainsi, il est nécessaire d’apporter de nombreux exemples d’emballages alimentaires pour montrer des cas concrets, mais aussi de prévoir des vidéos, des photos de supermarché pour faire comprendre le mécanisme de vente. Les notions de Date Limite de Consommation  – et de Date Limite d’Utilisation Optimale sont évoquées également, mais aussi la liste des ingrédients, les allergènes, l’étiquetage nutritionnel, les allégations, les mentions « Allégé », les labels, etc.  De cette manière, les jeunes peuvent comprendre le lien entre la transformation alimentaire et l’accumulation d’informations et comprennent rapidement les vertus d’une alimentation peu transformée qui évite l’ajout d’additifs, de sel, de sucre et de gras.

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